Le Régiment
la vie de garnison ou les bons côtés de la guerre
Le Régiment ( 16 pages 31 x 22 ) paraît tous les jeudis depuis 1915 Son Directeur littéraire est Paul de Léoni, qu'on associera d'emblée à l'Epatant. D'ailleurs l'Administration du Régiment est sise elle aussi au 3 rue de Rocroy . Rien d'étonnant donc à ce qu'on y retrouve la recette maison, humour, romans feuilletons, les dessinateurs de l' Epatant comme Marcel Arnac, B.Hatt ou encore Derdy .

.Le Régiment s'en démarque pourtant nettement. C'est le journal des idylles , favorisées par la guerre, qui témoigne de la légéreté de la vie à l'arrière, des rencontres lors des permissions, des séjours de convalescence

 

.La femme , qu'il s'agisse de la femme légitime , de la demi-mondaine ou du trottin y occupe une place centrale .Il est vrai que dans l'imaginaire comme dans la réalité, si le front est le monde des hommes, l'arrière est celui des femmes. La femme capte tous les regards masculins , y compris celui des prisonniers allemands et des turcos.

 

La danseuse, l'artiste sont objets de fantasmes .Le journal publie d'ailleurs régulièrement les photos d'artistes des Folies Bergère , de l'Alcazar ou du Théatre Impérial....

 

Le thème de la rencontre est omniprésent .On remarquera l'élégance des toilettes , dignes de croquis de mode.

Dans l'en-tête hebdomadaire du "Régiment " , l' infirmière fait pendant au glorieux officier. Elle est la première consolatrice du blessé. Le journal est sans doute largement diffusé dans les hôpitaux et les centres de repos pour la distraction et le moral des convalescents .

 

La page centrale du n° 76 du Jeudi 30 Novembre 1916 - les Anges gardiens - illustre parfaitement les rôles jouées par la femme idéalisée en tant qu'épouse, mère, soeur, infirmière, ou marraine de guerre .
Mais de retour dans les tranchées , le poilu pourra parler d'expériences plus prosaiques.... comme dans ce dessin de Ray Ordner .