M.Guyau : " L'Année préparatoire de lecture courante "
...ou comment on présente l'Allemagne et les Allemands à l'école élémentaire en 1916

 

L'année préparatoire de lecture courante est destiné aux enfants de 7 à 9 ans .L'édition ci-contre est la 70eme et est datée de 1916.

Le manuel se conforme comme il se doit aux Instructions Officielles qui recommandent la méthode du récit ...

Comme dans l'incomparable Tour de France par deux Enfants de G.Bruno, l'auteur ,M.Guyau, invite dans le dernier tiers du livre les enfants à un voyage imaginaire , mais en Europe cette fois car "il est quelquefois bon de voir du pays et de connaître ce qui se fait chez les autres peuples; voyager c'est s'instruire".

Une recherche sur le Net livre le secret de cette ressemblance qui n'est pas fortuite car G.Bruno serait le pseudo de la mère de Jean-Marie Guyau .

Jean Marie Guyau ( 1854-1888) , lauréat de l'Académie des Sciences morales et politiques , est plus qu' un simple auteur de manuels scolaires .C'est un philosophe mondialement reconnu qui aurait même suscité l'admiration de Nietzsche .

voir sur ce sujet le site de l'Université de Québec

et le site de l' Université Paris 5 Sorbonne

 

 

 

Guyau décédé en 1888 est en fait contemporain des premières années de l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine par le Reich et il ne manque pas de rappeler l'attachement et la fidélité de leurs populations à la Patrie.

 

pages 194 - 195

En se rendant en Allemagne ,il veut rechercher le secret de la force de ces Allemands qui ont envahi la France ...

 

pages 196 - 197

... car "Il faut savoir reconnaître et s'approprier les qualités des autres nations pour tâcher de ne pas rester au-dessous de nos rivaux "

Les 4 pages qui suivent vont détailler ces qualités qui vont faire des Allemands d'excellents et d'infatigables soldats.

pages 198 - 199

L'auteur exhorte donc les écoliers Français à prendre exemple sur les petits Allemands ." Le travail, c'est déjà du patriotisme, la paresse, c'est de la lächeté."

La censure aurait-elle laissé passer ces pages qui prêtent des qualités à un ennemi par ailleurs si détesté et si dénigré ?

En fait ces qualités ne suffiraient elles pas à expliquer les difficultés à le vaincre ?

pages 200 - 201

Et que penser de généralisations étonnantes, largement imprégnées de physiognomonie, telles les têtes au front carré - tête caractéristique des boches ? -, ou l'esprit plus lent des races du Nord ? Est-ce là l'influence de théories raciales qui nous choquent actuellement ?

Ou doit-on envisager l'hypothèse de quelques remaniements de circonstance évidemment non imputables à l'auteur dont on aura remarqué le ton dans l'ensemble mesuré ? .La lecture d'une des premières éditions permettrait bien sûr de vérifier cette supposition.