Le Pèlerin
Adveniat Regnum Tuum ...

 

Les Editions de la "Bonne Presse" - qui deviendront les actuelles Editions Bayard sont le porte-parole militant des milieux catholiques.Pendant la Grande Guerre, l'un des titres les plus populaires ," Le Pèlerin" des pères Assomptionnistes de Nîmes, fondé en 1873 dans un contexte de laïcisme et d'anticléricalisme, reste très engagé. Il entend témoigner du patriotisme et des sacrifices consentis par les gens d"église qui ont été mobilisés comme les autres Français. Il insiste sur l'héroisme des religieux qui en tant qu' aumoniers ou ambulanciers partagent la dure vie des tranchées. En effet, pour la première fois dans l'histoire, la conscription est générale et personne n'échappe à la mobilisation.

Le Pélerin est illustré depuis 1877 . Quand elle n'est pas occupée par des photos de médiocre qualité, sa dernière page propose " la guerre anecdotique", une série de dessins qui apportent une touche d'humour coloré .L'auteur en est Brousset . Le découpage en est quasi invariable: 6 dessins de même format qui sont des variations selon un dosage assez constant sur les thèmes imposés par les circonstances :un à deux coups de griffes à l'ennemi, d'une à deux doses d'ironie sur les difficultés vécues à l'arrière et une bonne dose d'humour de poilu. Avec la vignette finale habituelle sur les jeux d'enfants le compte est bon.

 

 

.Le dessinateur conclut en effet souvent par une vignette qui met en scène des enfants jouant à la guerre , thème récurrent déjà traité par bien d'autres , dont Poulbot. Notons qu'ici il s'agit ici de jeunes de bonne famille qui ne souffrent manifestement d'aucune véritable privation .
Brousset excelle davantage dans les croquis de la vie quotidienne dont il fignole particulièrement les décors comme dans ces conversations de comptoir :

ou ces conversations au coin de la rue

 

ou ... sous les ponts .
Il croque l'actualité au bureau ,
ou dans les familles .

Ses poilus trouvent le temps de plaisanter ...

 

alors que l'ennemi est evidemment dépité ...

 

En dehors de ces planches de dessins humoristiques , le Pèlerin apparaît comme une publication austère qui reflète les conflits confessionnels de l'époque ( notamment la guerre scolaire) et combat les sectaires et les francs maçons.Le Pèlerin publie par ailleurs de nombreuses anecdotes et lettres de poilus qui témoignent d'interventions de la Providence.

 

A noter qu'Il emprunte volontiers aux nombreux journaux du front à diffusion restreinte et aux titre pittoresques , qui feraient le bonheur de beaucoup de collectionneurs comme

La première ligne , Marmita , L'écho des Marmites , le Mouchoir , Le canard du Boyau ,l'écho des Gourbis, le Poilu ,Le Cri de Guerre ,les Echos du Plateau, l'Artilleur déchainé ,la Fusée ,le petit Echo du 18e Territorial

Voici encore quelques couvertures significatives du Pèlerin :
Voir aussi l'Almanach du Pélerin"